PNR Sud Berry : pourquoi le Centre de la Presse dit OUI ?

Jeudi dernier, 24 février, se tenait à la salle du foyer rural du Châtelet une réunion publique d’information sur le projet de PNR Sud Berry organisée par le collectif qui défend depuis plusieurs années ce beau projet.

Un public très attentif. Photo CDP.

Près de 70 personnes venues du territoire étaient présentes. La soirée était animée par trois orateurs : Dominique Roullet, vice-président de région Centre Val de Loire, Bertrand Charrier, du collectif côté Indre et Annie Marchet; du collectif côté Cher. 

Pendant l’intervention d’Annie Marchet – Photo CDP.

Deux intervenants étaient également invités à s’exprimer sur le sujet : d’abord Jean-François Vincent, éleveur de moutons à Marçais, puis Pascal Roblin, président du Centre de la Presse

Pendant l’intervention de Jean-François Vincent. Photo CDP.

Après les diverses interventions, un échange questions-réponses a eu lieu avec le public. D’autres élus ou membres du collectif se sont joints aux orateurs pour répondre aux questions posées, comme Michelle Rivet, maire de Rezay, ancienne vice-présidente du Conseil régional, et Dominique Roblin, maire-adjoint à Touchay.

Un échange de questions-réponses avec le public. – Photo CDP.

Voici le texte complet de l’intervention de Pascal Roblin sur le sujet. Vous pouvez également écouter son propos en cliquant sur le lien YouTube à la fin du texte.

Pourquoi le PNR est intéressant pour les associations culturelles et pour Le Centre de la Presse en particulier ?

Bonjour à toutes et à tous,

Merci au collectif de donner la parole à notre association.

D’abord quelques informations rapides sur Le Centre de la Presse.

– C’est donc une association que j’ai créée avec des amis il y a 33 ans en 1993 au cœur du monde rural à Touchay.

– Nous sommes installés aujourd’hui sur trois communes : principalement à Maisonnais (dans un ancien presbytère qui était inoccupé) et au Châtelet (dans l’ancien Ehpad qui était également inoccupé), mais aussi un peu à Morlac (dans une salle communale, inoccupée elle aussi).

– Nous sommes environ 150 adhérents dont 20 à 30 bénévoles actifs, 1 salarié en CDI, deux jeunes volontaires Service civique, et surtout nous possédons une collection patrimoniale gigantesque : environ 3 millions de revues et journaux régionaux, nationaux et internationaux de 1621 à nos jours.

Objectifs de cette association ? Dès son origine, la vocation du Centre de la Presse a été de créer en pleine ruralité, un centre de ressources autour de la presse écrite avec comme « fil rouge » la mise en valeur et la promotion de la presse écrite d’hier et d’aujourd’hui. Le Centre de la Presse est aujourd’hui reconnu d’intérêt général et c’est la première association en France autour de la presse.

Nos activités sont diverses et variées : inventaire des collections, réalisation d’expositions et de livres, recherche pour les particuliers, les associations, les entreprises et les documentalistes, organisation d’animations thématiques, intervention en milieu scolaire, gestion au Châtelet d’une centre de ressources sur près de 2.000 m2, réalisation de journaux événementiels en partenariat avec des structures culturelles du territoire (Les Bains-Douches, Noirlac, etc.), vente de presse anniversaire, etc.

Si l’association est installée dans des petits villages du Sud Berry, ce n’est pas le fait du hasard. C’est d’abord parce que nous y habitons, évidemment. Mais ça répond surtout à notre volonté de créer et de développer un oasis culturel original loin des villes. Preuve concrète de cette volonté : je vais signer le 18 mars prochain l’acte d’achat de l’ancienne maison de retraite du Châtelet : une opération à 183.000 €, premiers travaux inclus, une lourde opération qui a mobilisé près d’une centaine de donateurs et qui nous engage financièrement pour plus d’une décennie !

Alors pourquoi le projet PNR Sud Berry est important pour Le Centre de la Presse ?

Important est un mot trop faible.  Je préfère le mot vital. Le PNR Sud Berry nous semble vital pour l’avenir de structures comme la nôtre.

Être situé dans un Parc Naturel Régional (PNR) peut en effet offrir à une association, un ensemble d’avantages très concrets, souvent sous‑estimés. Pour des structures en plein développement, engagées dans des projets participatifs, patrimoniaux et créatifs, c’est un véritable levier stratégique.

Le PNR peut en effet répondre à nos deux axes de développement :

–          Un développement local : mieux intégrer notre structure dans le paysage culturel et social du territoire. Faire en sorte que Le Centre de la Presse, au-delà des objectifs précités, devienne un lieu de rencontre, d’échanges, d’intégration sociale.

–          Et un développement national : nous avons créé un outil global dans nos locaux du Châtelet qui doit permettre de répondre à des demandes nationales : recherches diverses, création d’expositions et de livres, vente de presse anniversaire, etc. Des demandes qui peuvent venir d’institutions, de structures et d’organismes de toutes sortes, mais aussi qui peuvent être faites par des particuliers  Mais pour que tout cela fonctionne, il faut être connu au-delà de notre région. Si nous sommes connus grâce au PNR, nous serons sollicités. Plus nous serons sollicités, plus il y aura nécessité d’embaucher. Et grâce à cette dynamique, nous pourrons pérenniser la structure.

–          Il y a donc là un enjeu vital pour le Centre de la Presse.

Alors quels seraient ou quels sont les avantages concrets à être dans un PNR pour une association ? En me documentant sur le sujet, j’en ai repérés plusieurs que je vais vous partager :

Avec le PNR on va profiter d’un cadre institutionnel valorisant

  • Le label PNR est reconnu nationalement.
  • Il renforce la crédibilité de l’association auprès des partenaires, des collectivités, des mécènes et du public.
  • Il facilite l’inscription de nos actions dans des politiques publiques cohérentes (culture, patrimoine, éducation, transition écologique, etc.).

Avec le PNR, on va avoir, du moins je l’espère, un  accès facilité à des financements et à de l’accompagnement technique :

D’après ce que je sais, les PNR disposent souvent :

  • de programmes d’aides spécifiques (culture, patrimoine, paysage, tourisme durable, etc.) ;
  • de cofinancements européens (LEADER, FEADER) plus accessibles grâce à l’ingénierie du parc qu’il faudra mettre en place ou développer par rapport à l’action actuelle des Pays ;
  • d’un accompagnement pour monter des dossiers complexes, par exemple dans des projets transversaux (culture+patrimoine+environnement)

Pour une association, cela peut faire la différence entre un projet ambitieux et un projet impossible.

Le PNR peut faciliter les synergies, la mise en réseau avec les acteurs du territoire :

Oui, être dans un PNR :

  • c’est accéder à un réseau d’associations culturelles, environnementales, éducatives avec lesquelles des synergies et des complémentarités pourront naître
  • c’est pouvoir plus facilement monter des partenariats avec des communes, bibliothèques, écoles, musées, etc.
  • et lancer des projets collectifs (résidences d’artistes, parcours culturels, actions intergénérationnelles) etc.
  • Un exemple concret : le PNR Sud Berry va permettre de nous rapprocher de nos amis de l’Indre. J’ai cette impression, depuis 42 ans que je suis sur le territoire, qu’il y a une frontière virtuelle entre l’Indre et le Cher. Avec le PNR Sud Berry, nous pourrons faire sauter cette frontière, mettre en avant que nous habitons le même territoire, que nous défendons le même patrimoine culturel, que nous avons un bocage commun, et même pour une très longue période une histoire commune. L’action et la communication entre nos deux pays vont naturellement s’élargir d’un coup, on va s’offrir de l’espace de développement en plus.

Le PNR va être un environnement propice à l’innovation culturelle

D’une manière générale, les PNR encouragent :

  • les expérimentations artistiques liées au paysage, au vivant, au futur des territoires ;
  • les projets mêlant arts, culture, sciences, agriculture, numérique ;
  • les démarches participatives et inclusives.

Ce sera au monde associatif du Sud Berry de s’épanouir dans ce nouvel environnement.

Autre point avantageux : le PNR Sud Berry va être également un cadre idéal pour des projets culturels liés au patrimoine

Les PNR ont pour missions de :

  • préserver et valoriser le patrimoine matériel et immatériel ;
  • encourager les initiatives culturelles ancrées dans l’histoire locale ;
  • soutenir les démarches de mémoire, d’archives, de généalogie, de transmission.

Là aussi, Le Centre de la Presse est totalement concerné, car nous possédons une grande partie de la mémoire journalistique de ce nouveau territoire. On va pouvoir donner une nouvelle dimension à l’histoire de ce territoire, pour la mettre mieux encore en perspective. 

Autre avantage : la communication avec une visibilité renforcée

Le PNR va pouvoir relayer les actions des associations  via :

  • ses supports de communication (site, réseaux, brochures) ;
  • ses événements (fêtes du parc, journées thématiques, parcours culturels) ;
  • ses partenariats avec les offices de tourisme.

Le label PNR est un facteur d’attractivité : il attire un public sensible à la culture, au patrimoine et à la découverte du territoire. Tout cela est bon pour des associations comme la notre tournée vers la culture et le tourisme ?

Enfin, le PNR peut également répondre à une problématique que nous avons clairement identifiée : l’avenir de la gouvernance de notre association. Une problématique qu’on peut retrouver dans d’autres structures. Je pense qu’en faisant partie d’un PNR dynamique, nous aurons plus de chance de trouver les femmes et les hommes de demain qui auront l’envie qui continuer à creuser le sillon que nous avons commencé à tracer il y a déjà plus de trois décennies.  Et cela est d’ores et déjà rassurant.

Pour résumé

Être dans un PNR, pour une association, c’est bénéficier d’un écosystème protecteur, stimulant et structurant, qui peut amplifier la portée de nos projets culturels, renforcer notre légitimité à l’extérieur du parc et ouvrir des portes financières et partenariales au niveau locale, régional et national.

« I have a dream » : Oui, j’ai un rêve, comme beaucoup d’entre vous ce soir, que le parc naturel Sud Berry ouvre vite pour que la belle aventure du Centre de la Presse et des autres structures comme la nôtre, continue longtemps, très longtemps.

Merci de votre attention.

Pascal Roblin

La vidéo :

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